FOTO di VENEZIA e di FRANCIA


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RÉSUMÉS  DES  TEXTES  écrits  par  Serge  Bassenko



Un recueil de pensées, 16 romans, une pièce de théâtre, des articles satiriques

    Dans l'ensemble, ces écrits se caractérisent par :
    un récit écrit à la première personne ;
    la simplicité du sujet, pris dans la vie quotidienne ;
    les questions fondamentales sur la vie et l'être humain ;
    le réalisme ; la sensibilité ; l’humour et la satire ;
    le ton varié et la vie des dialogues ;
    la simplicité et la fluidité du style.




LE SAGE / existe aussi en anglais THE SAGE et en chinois
(recueil de pensées – 189 pensées)

comment vivre?


Il est difficile de faire plus court et plus simple que le livre intitulé LE SAGE : 189 pensées de 2 ou 3 lignes, qui peuvent être lues en désordre, même si elles se suivent, et sans posséder de connaissances particulières.

Les pensées mettent en scène toujours les mêmes personnages symboliques, représentés en pleine action, et particularisés par leur action.
Ces personnages symboliques sont notamment repris sur ceux de Lao Tseu dans son magnifique TAO TÉ KING. Les Dix-mille Êtres représentent tous les êtres vivants; les Cent Familles, l'ensemble des hommes; le Prince, celui qui ordonne; le Maître, celui qui est compétent; le Serviteur, celui qui obéit; et le Sage... qui n'est pas forcément sage.

De la confrontation de leurs différentes manières d'être, jaillissent un humour et un étonnement explosifs, la clarté des situations bien posées, et surtout des questions sur la vie de ces étranges créatures, qui nous entourent, et que nous sommes.

Ces pensées reflètent les questions-clés qui se posent à un moment ou à un autre de notre existence : le bien et le mal, l'obéissance et le pouvoir, l'intégrité personnelle, l'amitié et la société, la vie et la mort, le travail et la contemplation, comprendre ou répéter, chercher le bonheur ou le savoir...

L'éclatante originalité de ces pensées est que, pour la première fois dans une oeuvre philosophique, elles ne donnent absolument aucun conseil ni n'indiquent qui a raison, du Sage ou des autres personnages. Cette fois, le lecteur est libre de penser par lui-même, car il dispose des éléments essentiels pour choisir sa vie en toute conscience.

Le style est alerte, et marqué par le désir du dialogue.




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ELLE EST, POUR MOI, UN MYSTÈRE. / existe aussi en anglais SHE IS A MYSTERY TO ME.
(roman – 147 pages)

découverte de l'autre


Un garçon et une fille d'environ 17 ans se rencontrent dans un camp de vacances en été, au bord de la mer.
En apprenant à se connaître, ils découvrent l'autre et se découvrent eux-mêmes. Elle, curieuse, vive et indépendante, se révèle capable de diriger sa vie avec autorité et finesse; lui, indépendant et possessif, médite sur le mystère d'une autre personne qui est capable de vivre hors du pouvoir que l'on peut avoir sur elle.
Chacun va demander à l'autre de s'engager, mais de manière différente. Les instincts de la fille la poussent à fonder une famille et à avoir des enfants; les instincts du garçon, à s'emparer de la fille et à la faire vivre. Ils apprendront que la confiance exige de vaincre les embûches du doute et qu'une vie à deux exige de dépasser la peur de perdre sa liberté.

Cette belle aventure est marquée d'émouvantes péripéties, où chacun se verra confronté à ses tentations.

La fille apprécie les intérêts intellectuels d'un brillant archéologue, homme fait et posé. Cette affinité, ainsi que la promenade en mer avec le marin, mettront à vif les sentiments du garçon, incapable de supporter l'idée que l'on rôde autour d'elle.
Cependant, les avances de la fille du Directeur, entraînant le garçon dans un endroit désert sans parvenir pour autant à le faire céder, laisseront au garçon l'impression d'un échec peu glorieux.
L'attrait d'une jeune fille de caractère sauvage au contraire excitera en lui des rêves et des désirs de conquête bien masculins, mais qui ne résisteront pas à la fragilité d'une situation sans lendemain.
Enfin, l'épisode du petit enfant malade, qui inquiète si douloureusement la fille, posera nettement les priorités dans la vie du couple.

Sans que le mot ait jamais été prononcé, les deux héros auront appris à aimer.

Le récit se présente comme un journal intime écrit par le garçon, récit tout en sensibilité, inséré dans la réalité la plus quotidienne, au style simple et plein d'humour. Les personnages sont attachants et nous ressemblent tellement qu'on dirait que c'est nous qui vivons là à leur place.




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ON ME DEMANDE MA VIE. / existe aussi en anglais THEY ASK FOR MY LIFE.
(roman – 132 pages)

mise en cause de la société


Issu d'une bonne famille dans un milieu bourgeois aisé, le héros du livre est un lycéen parfaitement intégré, qui mène la vie bien réglée d'un premier de classe. Au moment d'entrer dans le monde des hommes, les contradictions de la société et les questions de fond lui brûlent les doigts. Il passe au crible de l'analyse les affirmations et les comportements de son entourage.

Les hommes prétendent lui assigner une place; ses professeurs et ses parents veulent le modeler pour qu'il soit comme tout le monde; ses camarades eux-mêmes le rejettent de leur groupe; car l'individu et l'amitié passent pour eux après l'accord social. Personne finalement ne lui reconnaît le droit de vivre en étant lui-même.

Les constats du jeune homme sont violents :
ses parents ne lui ont pas proposé de bonnes règles de vie et l'ont abandonné à des inconnus, les professeurs;
ses professeurs ne récompensent qu'une seule vérité, la vérité officielle, et exigent de lui obéissance;
ses camarades, comme parents et professeurs, se réservent le droit de n'accepter que les idées qui leur conviennent.

Le jeune homme trouvera un soutien dans la douce Aoïdé, un peu plus âgée que lui, mais qui ne saura pas se détacher complètement de la société. Seule Caramel, sa camarade de classe, comprend vraiment le fond de son cœur, et fait de son mieux pour l'entourer d'un chaud cocon protecteur où il peut goûter un peu de paix.

Un souffle haletant balaye le récit du jeune homme, du début à la fin; les remarques cinglent, les pensées explosent, et laisseront finalement le héros seul, confronté au monde angoissant des hommes.




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IL FAISAIT CHAUD.
(roman – 137 pages)

pouvoir inquiétant des mots


Six amis, trois garçons et trois filles de 15, 16 ans, sont en vacances. Ils se retrouvent tous les jours chez l'un ou chez l'autre, à causer dans le jardin ou à se prélasser; ils se promènent dans la campagne ou dans la forêt, jouent au tennis et vont se baigner dans un étang voisin.
L'un d'entre eux extirpe de l'étang une feuille de vieux parchemin écrite en grec qui va bouleverser la quiétude engourdissante de cet été trop chaud.

Les amis sont envahis d'une curiosité frénétique pour éclaircir le mystère de cette page.
Page perdue ou jetée? intéressante ou dérisoire?
Page incompréhensible parce que les héros sont incapables de la comprendre? et qu'ils doivent se plier aux explications des professeurs, des critiques et de la tradition? Ou parce que l'idée qu'elle contient est encore inconnue des hommes et que les mots qui la transmettent représentent seulement des choses connues, incapables de rendre compte de cette nouveauté? Il faudrait changer de pensée pour comprendre.

A supposer d'ailleurs que l'on comprenne, ces mots ne dépendent-ils pas d'un contexte, qui est perdu, et des intentions de l'auteur, que l'on ne connaît pas? De plus, chacun comprend-il les mots d'une façon identique? Dans quelle langue faut-il parler aux hommes?

Lorsqu'on parle, est-ce pour comprendre une autre personne, ou seulement pour en tirer profit? Une parole n'est vivante que si elle trouve un lecteur, et si ce lecteur la fait sienne.

Mais le plus souvent, les mots sont trompeurs, de même que les livres, l'école et les gens mentent. Et pourtant, ces mots ont un pouvoir et des conséquences sur la vie des hommes. Non seulement on se fie à eux, mais à cause d'eux, on sacrifie sa vie à ce qu'ils présentent comme le bien et on tue les hommes qui sont mauvais. On ne peut donc pas penser par soi-même?

En fin de compte, pourquoi chercher à savoir, à apprendre, à penser? Les animaux savent d'instinct ce qui leur est nécessaire, et s'en contentent. Et nos sentiments n'ont pas besoin de mots. Mais l'homme craint la solitude, et demeure au bercail.

Oeuvrant dans le secret, la nature dévore la vie et redonne la vie, indéfiniment. Nous sommes nés de l'inconnu. Quitte à faire confiance à quelque chose, pourquoi ne pas faire confiance à la vie?

Ce roman sur la valeur des mots baigne dans une profonde poésie, faite de mystère, de brume, et de vent. Un étrange oiseau vient se percher et fixer le héros qui conte cette aventure. L'ordinateur qui cherche des réponses sur Internet n'est autre que Pégase, le messager ailé. Enfin, les six personnages accordent harmonieusement leurs voix nuancées pour faire de ce récit un modèle de conte philosophique.




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NOUS ÉTIONS JOYEUX. / existe aussi en anglais WE WERE GLAD.
(roman – 138 pages)

découverte de l'amour


Découverte de l'amour par deux adolescents à peine pubères.

Ils vont à la même école, et le garçon vient aider la fille à faire ses devoirs scolaires. Il est très bien reçu par la mère; celle-ci lui propose de passer quelques jours chez les grands-parents. Au programme, la campagne, la neige, de charmants grands-parents, un cousin un peu plus âgé et sa jeune sœur.

Les deux amoureux sont avides de se connaître – de personne à personne et non à travers les opinions d'autrui – et avides de vivre ensemble.
Ils se rendent compte de deux choses. D'une part, que le mensonge est un droit qui n'est pas l'apanage des seuls adultes et qu'il permet de protéger la vie personnelle. D'autre part que leur vie leur appartient et qu'ils veulent en décider par eux-mêmes. Ce ne sera donc pas aux autres de leur dire ce qui est bien ou mal en ce qui concerne leurs sentiments.

Les deux adolescents évoluent sans heurts dans un milieu de bon ton et n'ont jamais aucun problème avec leur entourage; personne ne leur interdit quoi que ce soit ni ne les menace d'aucune manière. Cependant, les autres s'inquiètent beaucoup pour eux, car ils pensent que les deux adolescents n'ont pas encore l'âge d'aimer, et qu'ils devraient prudemment attendre et faire comme tout le monde.

Les deux adolescents, perturbés de toutes ces pensées troubles qu'ils devinent, découvrent que ce qu'on considère le mal n'est pas le risque d'avoir des enfants, mais le désir d'avoir des enfants, désir plus fort que soi et que tout, effrayant parce qu'incontrôlable. Les enfants sont le fruit du désir et non d'une convenance.

En pleine conscience, les deux amoureux vont donc décider d'accomplir leur vie, c'est-à-dire leur amour.

Cette belle histoire est illuminée par la figure de la jeune fille. Le héros a bien fait de l'appeler Aphrodite, et ce nom parle pour elle. Bien que très jeune, c'est une personne à part entière. Vibrante de sentiments et de questions, attentive aux êtres et à l'essentiel, elle se décide par son propre jugement, tout à la fois attirante et apaisante. Le héros, circonspect et réservé, apprend beaucoup à son contact et sait montrer énergie et autorité si le besoin s'en fait sentir. En contrepoint, le cousin représente le qu'en-dira-t-on, et la sympathique petite cousine, le soutien enthousiaste de la jeunesse. Le récit, raconté par le héros, est plein d'émotion et de suspens, et tel sans doute qu'on aurait voulu l'avoir vécu soi-même.




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IL FAUT QUE JE SOIS UN HOMME.
(roman – 171 pages)

fin des paysans


Il y a quarante ans, l'avance irrésistible du progrès menace le monde rural.
Le roman se situe à la croisée des chemins. Choisir d'habiter la campagne ou la ville, est-ce choisir entre la Nature et le Progrès, le travail et la contemplation, la vie sauvage et la civilisation?
L'école, la science, la technique, ont le pouvoir de faciliter notre vie et de nous protéger, mais elles ne nous apprennent pas tout : ni à vivre la vie de tous les jours, ni à décider des choses qui méritent de vivre. Et surtout elles façonnent notre vie, la transforment irrémédiablement, risquant de modeler sournoisement notre pensée. Quel est le sens de ce que l'on fait et quel monde veut-on fabriquer? Reste-t-il seulement de la place pour les sentiments et l'amitié? Qu'est-ce que c'est, être un homme?

Ces questions cruciales agitent le jeune héros, fils du notaire, et ses amis paysans, en âge maintenant d'entrer dans la vie.

L'action se déroule en Bourgogne, au milieu des collines et des prés que l'auteur connaît bien, des vaches et des bêtes de la ferme; lieux bénis où l'on respire encore la senteur des foins, où l'on jouit de paysages enchanteurs et sereins.
On prend plaisir à accompagner les jeunes gens dans les travaux qui rythment leur vie quotidienne : cueillir les mûres sauvages sur les haies pour en faire des confitures, récolter les légumes au potager ou les fruits au verger, ou les champignons dans la forêt, attraper les écrevisses dans le ruisseau, commencer les labours, aider à la mise bas du veau, réparer le tracteur, nourrir les poules et les cochons...
On ressent vivement l'attachement des jeunes gens pour leur monde : le bon chien de la ferme les accompagne, Herbe folle parle à ses vaches, Simplette prend grand soin de ses poules, Robur est déchiré entre l'agriculture moderne et la paysannerie d'autrefois.
Le personnage de Simplette va prendre peu à peu une importance singulière. Cette jeune fille sans histoire, cette fille de la campagne, réfractaire à l'école, finira par symboliser la force tranquille et millénaire du monde paysan, que le modernisme a fragilisé et presque déjà submergé.

Vision douloureuse certes, mais pas tout à fait pessimiste, car on ne peut arrêter l'évolution du monde, et c'est dans la résolution des contraires que se trouve l'espoir d'une nouvelle vie, celle qui réunira le fils du notaire et l'attachante jeune paysanne, Herbe folle.




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LA VALLÉE EST LOIN.
(roman – 135 pages)

méditations sur la Pensée


Un jeune homme, Aigle, invite son ami de classe à passer les vacances chez ses grands-parents. Tous deux font des randonnées dans la montagne, en compagnie de deux amies, Gentiane et Ciel bleu. Au milieu des rires et des bourrades, dans le calme serein et grandiose de la montagne, les idées viennent avec facilité, et les amis s'enflamment à débattre de la pensée, des sentiments, de la morale et de la nature.

Les premiers hommes, imaginent-ils, ont dû être effrayés à l'apparition de la pensée, car la pensée trouble le bonheur paisible des tâches quotidiennes. Ils ont dû éliminer ceux qui pensaient mal, et déléguer la pensée à celui d'entre eux qui pensait le mieux, le rendant responsable de tout et l'autorisant à tuer à leur place.

Ils déclarent que la pensée est incapable de connaître le sentiment et que le sentiment a besoin d'autrui pour exister. Or, un ami n'est pas vraiment une autre personne, il ne peut donc détruire son être en aimant.

La morale, quant à elle, apprend à vivre. Mais elle veut remplacer notre pensée par la pensée des autres, changeante et trompeuse. Comment rester soi-même, dans ces conditions?

La nature enfin est parfaite et nous offre l'accomplissement de nos instincts, éternellement. L'homme n'est-il fait que pour répéter la nature? Non, car la pensée est créatrice, elle a libéré l'homme des chaînes de la nature et l'a rendu maître de son destin. L'homme oui, mais les hommes non; car bien des hommes refusent de penser par eux-mêmes, et détruisent ceux qui pensent.

Finalement, le monde connu est ennuyeux, déclare un étrange jeune homme venu en visite. Faut-il convenir avec lui que la seule façon d'oublier cet ennui est de se fuir soi-même?

Les jeunes gens, à bout de recherches, finissent par constater que personne ne peut enseigner à penser, ni dire si on pense correctement, ni à quoi cela sert. Les jeunes gens, devant l'échec de leur pensée, concluent qu'il ne leur reste plus désormais qu'à faire confiance à la vie, puisque c'est elle qui les fait vivre.




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IL PLEUT.
(roman – 177 pages)

Venise, ou l'envers du décor


Qui n'a jamais eu envie de vivre à Venise, et d'être un vrai Vénitien? de connaître la vie de tous les jours dans cette ville de rêve et d'explorer une lagune sauvage et secrète?

On pourrait passer par des chemins ignorés des touristes, vivre au rythme de la marée qui monte et qui descend, prendre sa barque pour aller voir ses amis, connaître par l'intérieur ces palais des mille et une nuits et casser la croûte en toute simplicité à la Cà d'Oro sur le Grand Canal. On pourrait apprendre à manœuvrer une gondole ou le grand bateau qui parcourt la lagune, voir comment on répare une barque ou un violon. On pourrait rendre visite à son oncle sur une île de la lagune, y pêcher des anguilles ou des crabes, puis l'accompagner au marché de Venise pour vendre ses oignons et ses haricots. On aurait les recettes des plats les plus typiques et le plaisir d'y goûter en famille ou chez ses amis. On pourrait se promener la nuit dans le chaud cocon d'une ville rendue pleinement à ses mystères.

Mais ce monde délicat et raffiné, qui préfère ses amis au savoir et aux livres, lourd pourtant d'un passé où le marin et l'aristocrate se tutoyaient et souffraient ensemble, cède peu à peu sous le poids menaçant du tourisme et du modernisme.

Que faire à Venise? Il n'y a pas de distractions pour les jeunes. Les déplacements se révèlent lents et pénibles; les commerces, éloignés et limités; les maisons manquent du confort moderne. L'entretien des palais est ruineux et les loyers en augmentation constante. Les artisans disparaissent; les commerçants ne travaillent plus désormais pour les Vénitiens, mais pour les touristes : fast food, tee-shirts et gondoles en plastique.

En masse, les Vénitiens quittent leur patrie, car ils se sentent chassés de chez eux. Finis la vie de quartier, les jeux des enfants, le linge tendu dans les rues et les cours. Venise se transforme petit à petit en un musée magnifique, et les habitants qui restent encore se demandent avec angoisse quel avenir leur sera réservé.

Ce drame est celui des jeunes héros du roman. Il y a deux amies – Brasa, fille d'un réparateur de bateaux, et la Zermana, fille dont le père transporte des fruits et des légumes sur sa barque de charge – et un garçon – Zo, cousin de la Zermana et fils d'un chercheur à l'institut de recherches – tous trois Vénitiens de souche; Brasa et Zo s'aiment. Le héros vient d'ailleurs. Grâce à ses amis, il découvre avec émerveillement cette vie nouvelle et s'attache peu à peu à ce monde et à la Zermana, qu'il ne voudra plus quitter.

Ce livre est un document exceptionnel sur l'intimité négligée de la ville la plus célèbre du monde, il se nourrit de la connaissance directe et vécue de l'auteur.




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UNE NEIGE FINE VENAIT DE TOMBER.
(roman – 271 pages)

Paris en 1948


Nous sommes en hiver 1948, à Paris. Nous suivons la vie d'un groupe d'amis, étudiants en sciences et en lettres, en première année d'université.

Le premier intérêt du livre est de nous brosser un tableau captivant du Quartier latin et de la Sorbonne d'alors. Turbulents et goguenards, avides de savoir, agités de questions, de blagues et d'amitiés, les étudiants se réfugient en habitués dans la chaleur du café, au milieu de la fumée des cigarettes et des vapeurs de café.

Mais le "Quartier" n'est que le noyau central de la découverte de Paris, sujet véritable du roman.
On apprend que chaque quartier avait sa vie particulière et se juxtaposait aux autres comme autant de villages où l'on se sentait chez soi, en famille et à l'abri du monde extérieur. On se connaît, on se salue, on se parle, on s'aide. Les quartiers pullulaient de petits métiers, d’artisans et d'usages insolites aujourd'hui disparus. On y parlait couramment l'argot, si vert et si fleuri.

Ces quartiers surprennent par leur originalité et leur charme. Bien sûr, Paris, c'est avant tout les rues et la foule, les imposantes alignées de maisons massives, les monuments somptueux, les grands magasins, les innombrables distractions, les musées, les théâtres, les cinémas, la Tour Eiffel! Mais c'est aussi des squares et des parcs où il fait bon se promener au calme, des coins de campagne cachés, la fête à Pasteur, des ateliers d'artistes, le funiculaire...
On s'étonne surtout de voir que des lieux, aujourd'hui froids et conventionnels, étaient animés d'une vie intense et savoureuse. On sautait gaîment dans l'autobus en marche ou on faisait salon sur le quai du métro. On lançait commentaires et moqueries aux personnages des films en plein cinéma. On installait son chevalet au musée du Louvre pour copier les tableaux des grands maîtres. On se promenait tranquillement la nuit et on côtoyait avec sympathie les clochards qui habitaient les quais de la Seine. On allait glaner quelques trésors chez les chiffonniers des Puces. On faisait ses courses chez des marchands affables et alertes.

Autant la vie parisienne était brillante et chargée d'histoire, autant la vie en province paraissait pauvre et fruste. C'est du moins l'avis des Parisiens, qui professaient un souverain mépris pour les "trous" qui n'avaient pas le bonheur d'être la Capitale!
Dryade, qui est d'Annecy, en Savoie, est acceptée avec bienveillance par ses amis de la Sorbonne. Le héros, qui n'est Parisien que d'adoption, lui a fait découvrir Paris. Une idylle s'est nouée entre eux, et Dryade l'a invité dans sa famille en Savoie pour les vacances. Ce séjour sera pour le héros l'occasion d'une profonde remise en cause. Le héros prend conscience tout à coup que la vie existe en dehors de Paris, qu'on y trouve des choses et une vie merveilleuses et ignorées des Parisiens. Il se rend compte que Paris s'empare comme d'un dû des richesses des provinces et les opprime jusqu'à leur interdire de parler leur langue. Or, la Savoie n'était française que depuis cent ans, et les Anneciens regardaient moins vers Paris que vers Genève tout proche.
Bien sûr, en Savoie, ce n'est pas comme à Paris. Il n'y a pas de confort; la nourriture est frugale et monotone, et la vie est réglée sur le rythme des vaches et de la nature. Cette vie dure a éloigné les habitants des futilités et les a rendus laborieux, prudents et attachés aux biens difficilement acquis.
Et pourtant... Comme la nature est belle et magnifique! Comme les choses simples sont apaisantes et harmonieuses! Comme les Savoyards sont sérieux et solides! Comme les camarades de Dryade accueillent avec chaleur celui qui refuse de mépriser les petits provinciaux et leur patois! Que de causeries et de balades à bicyclette dans la montagne autour du lac d'Annecy!

Et pour finir, un petit séjour des deux héros dans le Genevois, avec ses monts serrés et ses prés verdoyants, les légumes du potager et l'eau claire de la source. C'est là qu'habite la grand-mère de Dryade. Et surtout l'extraordinaire cousine de Dryade, une jeune fille timide et misérable, perdue dans la montagne, s'épuisant dans la neige l'hiver pour aller à l'école, pressée de vivre et de connaître, qui voit si mal avec ses yeux mais si bien avec son cœur. Désormais, son interrogation est devenue aussi la nôtre : y a-t-il quelque chose derrière la crête, là où le ciel s'arrête?

Le cœur des deux héros restera en Savoie, mais la raison les retiendra à Paris.




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JE LA VOYAIS DANS LE MIROIR. / existe aussi en anglais I COULD SEE HER IN THE MIRROR.
(roman – 219 pages)

l'inconnu est partout


Cinq amis finissent brillamment leur année scolaire et passent les vacances d'été ensemble dans la petite ville où ils habitent. Le temps se passe à se laisser vivre ou à préparer un récital de musique classique, à discuter, écrire des poèmes ou jouer aux échecs, et à se promener en bicyclette dans la paisible campagne environnante; des fermes, un foirail, des marchés, des cimetières, des fêtes foraines, beaucoup de balades le long des anciennes voies ferrées du pays; quelques brefs séjours aussi sur les falaises au bord de la mer, ou encore dans le pays des mines de charbon et des aciéries.

Sur ce fond de vacances tout banal et tout simple, se greffe une étrange histoire de miroir.

De temps à autre, le héros sort un miroir de son armoire. Il y contemple un monde troublant, qui s'efface dès qu'une autre personne s'approche de lui.
Dans le miroir, le héros voit une chambre, tournée vers lui, instable et floue, où les meubles se déplacent et les objets varient de forme. Là-bas, le temps ne s'écoule pas comme ici. Quant à celle qui habite cet endroit, une fille de son âge, elle étudie ses leçons de géographie, fait ses problèmes de maths ou de physique, lit des romans. Cependant, elle a l'air de posséder des pouvoirs singuliers : elle semble le voir et savoir toujours ce qu'il fait; faire varier l'apparence de sa chambre au gré de ses sentiments; entendre parfaitement la musique qu'il joue et l'apprendre très vite. Pourtant elle ne paraît comprendre ni les mots, ni les écrits ni les pensées du héros, mais c'est comme si elle ressentait instantanément ses sentiments. Ses réactions sont vives et parfois ombrageuses.

Sans qu'un seul mot soit prononcé entre eux, des relations ont l'air de se nouer. Ils s'entraident d'abord pour leurs devoirs, lui pour les sciences, elle pour la littérature. Elle communique ensuite avec lui par ses attitudes et ses gestes, les expressions de son visage, le choix de ses vêtements, par les métamorphoses permanentes de sa chambre selon l'humeur, et surtout par la musique. Musiciens tous les deux, chacun joue et ressent la musique de l'autre avec la même émotion. Bien que le miroir n'émette aucun son, le héros décrypte ce qu'elle joue en suivant ses mains sur le piano; et il a l'intime certitude de connaître ce qu'elle ressent.

Le héros pense-t-il, rêve-t-il, imagine-t-il tout cela? Doit-il croire seulement la réalité habituelle et connue? Qu'est-ce qui est vraiment réel d'ailleurs dans le monde dit normal? Ce qu'on peut voir et toucher, comme les choses? La signification impalpable de ces choses, comme les mots qui parlent ou la musique qui émeut? Cette réalité mouvante et insaisissable de notre monde change-t-elle avec notre pensée, nos sentiments, avec ce qui est invisible, comme ce qui fait lever les blés sur la terre nue? ou comme le passé, qu'on ne voit plus, qui influence l'avenir, qui n'existe pas encore?

Au fond, la vie ressemblerait-elle à un train, qui emporte des passagers incapables de savoir quel est le trajet ni le but du voyage? Est-il possible de connaître ce qui n'existe pas?
De même, ce que le héros voit dans le miroir existe-t-il ou non?




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DERNIÈRES VACANCES AVANT L'ANNÉE DES EXAMENS.
(roman – 185 pages)

plénitude de la vie quotidienne


Un jeune homme de 17 ans revient passer les vacances d'été au pays, dans le Jura, chez son oncle horloger. Ce séjour lui ouvrira les portes d'une autre vie - bien différente de celle de la grande ville où il habite.
Là où le citadin n'avait jamais trouvé qu'à s'ennuyer, il se prend maintenant à apprécier les paisibles paysages de montagnes, ses vaches familières et ses habitants sérieux et attentionnés.
Quelques escapades dans des bourgs ou de petites villes voisines; des promenades à pied ou à bicyclette, à travers les prés et les monts, pour voir un vieux donjon en ruines, un chemin de fer abandonné, une rivière ou des moulins, seront l'occasion de méditations discrètes et mélancoliques.
Il apprend peu à peu à voir la vraie valeur de ce qui l'entoure, à ressentir la poésie prenante de la nature et des choses simples.

Aube, sa jeune voisine, le connaît et l'attend depuis toujours; elle le guide vers ce monde nouveau, qui sera aussi celui d'un amour partagé et intime.
Imbriqués dans un monde concret et quotidien, les deux héros se découvrent et s'attachent l'un à l'autre. Des lieux de prédilection se nourrissent de pensées, de sentiments et de souvenirs communs : le pont du petit train, celui où ils s'installent les jambes pendantes, la source secrète.

Les trois amies d'Aube les entourent affectueusement, et tous se réunissent pour se livrer à des tâches ordinaires, mais ô combien chaleureuses. Les filles cousent et brodent leur futur tablier de classe, et le héros se lance à tricoter un pull pour l'élue de son coeur.
Mais les vacances se terminent et la séparation est imminente. Heureusement, un cousin trouvera un ingénieux moyen pour permettre au héros de revenir tous les week-ends.

Sous la forme du journal intime, c'est un roman fondamentalement original et paradoxal.
Il nous enseigne que le bonheur est dans les liens humains, dans la banalité de la vie, et n'a pas à être cherché qui sait où, dans l'insolite, l'incroyable ou l'ésotérique. Il est à la mesure de chacun de nous et à la mesure de notre coeur. L'intimité et la sincérité troublantes du récit, le dépouillement de tout ce qui n'est pas vie personnelle et ordinaire, la poésie et la douceur des touches, font de ce roman une oeuvre inclassable et merveilleuse.




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LES ORGES VENAIENT DE FRISSONNER.
(roman – 228 pages)

émerveillement sur le vieux chemin


Étrange roman que celui-ci.

Un récit au jour le jour, tout simple et presque anodin, qui raconte les vacances d'été de quelques jeunes gens venus à la campagne, dans la famille.
Le cadre en est la Bourgogne, avec ses champs paisibles, ses vertes prairies et ses maisons fortifiées. Le fil directeur, une pièce de théâtre que les jeunes gens veulent jouer pour le plaisir.
Un récit qui privilégie les atmosphères, les caractères des personnages, les sentiments liés à la vie de tous les jours. Comme si on avait ouvert une fenêtre et qu'on avait regardé un bout de vie.

Cependant, ce roman ne laisse pas d'être troublant.
Des interrogations - sur notre raison qui souvent s'agite dans le vide, sur nos actions qui ne cherchent pas toujours à se rendre utiles, sur le rôle du rêve ou du mensonge, sur le pouvoir des règlements ou des connaissances. Notre avenir sera-t-il voué à jouer un rôle, pour l'éternité? La vraie vie, qu'est-ce que c'est?

L'ensemble baigne dans une atmosphère indéfinissable.
Présence merveilleuse et obsédante de la nature, de la terre, qui vit, qui prépare, qui nourrit.
Présence mystérieuse du vieux chemin, témoin d'un passé qui traverse le présent, avec la sûreté de la destinée.
Retours lancinants des mêmes phrases, comme dans un conte, ou comme une obsession.

Un roman à lire avec tendresse.




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VITE, NOUS ALLONS RATER LE PETIT TRAIN !
/ existe aussi en anglais COME ON, WE'RE GOING TO MISS THE TRAIN!
(roman – 261 pages)

vacances provinciales


Une bouffée d'air de la douce France de 1959, regard curieux sur tout un petit monde provincial et paisible.

Un pays où les nombreuses rivières s'écoulent paresseusement, sillonné par le petit train qui emmenait les héros à l'école, et recelant de multiples surprises : caches où l'on pêche et grille son poisson, polissoir au fond de la forêt, châteaux et ponts insolites, foirail, travaux des champs, scierie, grossiste en tissus d'ameublement, grandes villes, cathédrale, ainsi que toute une galerie de petits portraits psychologiques et de petits métiers, tissent une toile de fond serrée et bariolée.

Les héros sont huit camarades de classe qui, après leur année de troisième, passent leurs vacances d'été dans leur petite ville, où campagne et artisanat se mêlent. Des jeunes gens à l'esprit sensé et pratique, dont la gaîté et la fougue n'empêchent pas les inquiétudes et les doutes sur leur avenir et le monde des adultes qui les attend.

Promenades à pied ou en vélo, brefs séjours chez cousins et cousines, visites aux artisans, tout est prétexte à se retrouver pour plaisanter, pique-niquer, mais aussi observer, réfléchir, et s'organiser. Pour ne citer que deux exemples, le petit groupe, convaincu qu'une histoire sans méchant est parfaitement capable de plaire, se démène pour monter un tendre spectacle de marionnettes pour des bambins gardés par une tante. Le petit groupe se préoccupe aussi des études d'une de leurs camarades, fort douée, mais qui refuse de continuer l'école pour préserver sa vie personnelle.
C'est ainsi qu'on découvre une quantité de personnages secondaires, très variés et croqués sur le vif, et qui ne sont pas tous en sucre.

Les rapports sont orchestrés par "les jumeaux", un garçon et une fille presque du même âge, toujours fourrés ensemble depuis l'enfance, et qui construisent déjà leur vie l'un avec l'autre. Il s'agit du narrateur et de son amie Ecureuil, le narrateur plus contemplatif, Ecureuil plus énergique. La poésie voile avec douceur la cabane qu'ils se sont construite près de la rivière, la petite grenouille verte qui vient leur rendre visite et le wagon merveilleux où ils font leurs plus beaux voyages.

Voici la vie que l'on vit généralement sans s'en rendre compte, et que l'on découvre soudain vraie et pleine. Un réalisme aigu, une humanité palpitante, une fraîcheur amusée et finalement la foi dans l'homme sont les principales ressources du récit.




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ELLE VENAIT D'APPARAÎTRE HORS DU BOIS.
(roman – 292 pages)

la vie est possible


En 1964 le héros et l'héroïne sont venus chacun de la ville passer les vacances chez leurs grands-parents qui habitent une région de collines escarpées : "la forteresse". Les deux héros ressemblent à la rudesse de l'endroit : sérieux, intelligents, rapides, profonds. Ils se rencontrent, se fiancent et décident de se marier.

Un groupe d'amis se forme autour des deux adolescents, et des liens se tissent, parmi les blagues et les bons mots. "L'Eveillé" surtout se distingue par son caractère enjoué et piquant. Mais les conversations s'attaquent aussi à des sujets qui prolongent les voies choisies par chacun. L'histoire ancienne amène à réfléchir sur le passé; les sciences, sur la nature; l'école, sur les autorités et la pensée.

De nombreux personnages secondaires brossent avec réalisme des tableaux de moeurs et de caractère, de la campagne et de la ville.
Des voyages en pensée dans le passé, une escapade dans les vignobles, un séjour dans les collines verdoyantes de la tante de l'héroïne, des promenades dans les contrées granitiques de l'amie de l'héroïne, une journée parmi les villages et les champs piquent la curiosité du lecteur et apprennent combien le monde peut être varié.

Ce petit monde déborde de vie et nous entraîne irrésistiblement dans son mouvement, avec ses émotions, son humour et ses rêves.

En résumé, c'est un roman où on prend la vie au sérieux.




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AUTOUR DE MOI, LES OISEAUX CHANTAIENT.
(roman – 358 pages)

Damoiselle et Damoiseau


En 1950, dans la campagne proche de Paris, deux adolescents, qui se surnommeront Damoiselle et Damoiseau, se rencontrent et se prennent d'affection. Elle habite une grande ville et vient passer ses vacances dans le village de son oncle, qui est fermier, où habite aussi Damoiseau. Ce dernier vient chercher le lait chez l'oncle tous les matins; et Damoiselle lui donne le lait. Leurs rapports s'approfondissent ensuite par la musique et les promenades. Un beau concert terminera le roman, où elle chantera et il l'accompagnera au piano.

On assiste au déroulement d'une vie sans histoire. Cueillette des mûres pour la confiture, courses à la sablière, promenades à pied ou en vélo dans les champs et à l'aérodrome.

D'autres passages sont plus curieux. La vie balnéaire et oisive des plages et des champs de courses; l'exploration de la campagne où habitent les grands-parents; la grande ville où habite Damoiselle, avec son fleuve, ses bacs et son grand port.

Une multitude de petits tableaux, parfois fugaces, d'un paysage à la mesure de l'homme.

Des images intensément poétiques et symboliques, sur lesquelles le temps n'a pas de prise. Retour de mêmes scènes, Damoiselle apparaissant en dame du Moyen Âge par exemple; ou les deux héros, assis sur un vieux banc devant le petit étang qui rêve; ou encore l'image de la route mystérieuse dont on ne sait ni d'où elle vient, ni où elle va.

Monde immuable que l'amitié et l'affection sous-tendent de liens puissants. La musique, occasion de conversations sentimentales entre les héros et Schumann; l'accordéon de la jeune Bouton s'animant pour les fêtes et les danses de l'heureuse compagnie; la sollicitude chaleureuse de la jeune Bouclette, dont les initiatives mènent le récit, et dont l'insatiable curiosité s'ingénie à rapprocher les héros; enfin, l'extraordinaire personnage du chat, sorti tout droit d'un conte de fées, qui sait parler, et profère à son maître des sentences acérées et profondes.

On ferme le livre comme on fermerait une fenêtre, avec la mélancolie de quitter des amis qu'on a laissés vivre là-bas, dans les pages du livre.




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JE PARS AU LOIN.
(roman – 321 pages)

partir, pour trouver quoi?


Ce roman présente trois sortes de voyages : le tourisme citadin, le tourisme campagnard et la vraie vie.

Un garçon et une fille se rencontrent à l'occasion des vacances d'été passées chez leurs grands-parents respectifs. Avec quelques camarades de vacances, ils partagent la vie dorée des estivants sur la côte d'Azur, visitent l'aride et pittoresque arrière-pays, ainsi que les hauteurs grandioses des Alpes.

Le Ségala leur révélera l'humble vie de la campagne, causses désolés ou rives verdoyantes de rivière.

Ces séjours seront l'occasion de comparaisons entre la capitale et les lieux touristiques; entre l'aisance, les facilités du modernisme, et la pauvreté, l'anachronisme des modes de vie traditionnels; entre la science de pointe et le passé; entre la futilité des vacanciers et la gravité des campagnards. La vie d'autrefois n'est plus possible, certes, mais doit-on pour autant accepter la mainmise moderne sur la conscience?

C'est en Auvergne que se résoudront les contradictions.
Les amoureux sont chaleureusement accueillis dans la maison ancestrale par l'oncle et la grand-tante de la jeune fille. La bibliothèque aux vieux livres, l'atelier d'horlogerie, l'ambiance familiale, attentionnée et joyeuse, révèleront qu'on est chez soi là où est son coeur. Le livre se termine sur les solitudes pleines d'humanité du pays des volcans, sereines et envoûtantes. Le retour à la capitale sera celui de deux jeunes gens qui savent désormais comment ils veulent vivre.




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UN SOUFFLE D'AIR CHAUD VENAIT DE ME RÉVEILLER.
(roman – 223 pages)

cours de vacances de Maître Canard


Parmi les champs et les bois, une toute petite vallée où court un petit ruisseau, où dort une petite mare, avec des enfants qui viennent pêcher des têtards, avec des poules, des vaches, et un canard savant qui fait des maths et de la physique. C'est là qu'habite Saphir, la jeune fille à la belle robe bleue et aux yeux qui veulent savoir, dont le héros est tombé amoureux.

Elle voudrait être dans la même classe que lui à la rentrée prochaine, et lui demande de l'aider à sauter les deux classes qui les séparent. Qu'à cela ne tienne! Le héros devient son professeur attitré pendant les vacances d'été.

Les deux familles soutiennent affectueusement les amoureux; le père du héros, ingénieur, aide même activement aux études.

Les deux jeunes gens ont soif de comprendre, et non d'apprendre par coeur des formules; pour eux, étudier n'est pas obéir à un maître ou suivre des modèles convenus. Grâce aux explications du héros, formé par un professeur peu ordinaire, l'esprit de Saphir dépasse les arides abstractions des maths et de la physique, et s'ouvre à la compréhension de la nature, de la vie, et à la poésie du monde.

L'entreprise est difficile, même quand on est doué; et les deux jeunes tiennent bon sans se décourager.

Mais la plus belle leçon à tirer du roman est celle des sentiments. Désormais, les deux amoureux sont ensemble. Car, comme dit Saphir, "Quand les forces viennent du coeur, elles ne peuvent manquer."




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ANTIGONE / existe aussi en anglais ANTIGONE
(pièce en un acte)

droits de la personne


Tout le monde connaît le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et maudite comme toute sa famille, elle brave les lois de Thèbes qui interdisent d'enterrer son frère Polynice, traître à sa patrie; ce forfait lui coûtera la vie.

Cette nouvelle pièce a le mérite de mettre en lumière la vérité sur les deux frères, Polynice et Étéocle, tous deux également traîtres à leur père Oedipe et à la cité.

Issue du mythe grec, la figure d'Antigone prend ici une profondeur et une puissance surprenantes.

Ce qui frappe dès l'abord, c'est le claquement des répliques qui s'affrontent et s'entrechoquent, répliques ramassées comme des maximes et lourdes comme la vie. Cette courte tragédie en un acte cerne l'essentiel sans fioritures ni délayage.

Lorsqu'on y regarde de plus près, on voit que chaque personnage est justifié par des raisons de fond, toutes légitimes et estimables. Il n'y a plus de personnage secondaire, il y a trois manières de concevoir la vie, et aucune n'a le pas sur l'autre.
Ismène, sœur d'Antigone, réclame les droits des vivants.
Créon, régent de Thèbes, exige l'obéissance aux lois de la cité.
Antigone défend les lois des dieux et de l'individu.

L'originalité de cette nouvelle Antigone sur le mythe grec veut qu'elle soit fidèle à son être plus qu'aux hommes et aux dieux, et que, poussée par les lois impérieuses qu'elle sent au fond d'elle-même, elle ignore ce qui la fait agir et pourquoi. Personnage entier et sincère, elle a habité l'auteur plus d'un demi-siècle avant de venir au jour.




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PRAECOR / existe aussi en italien PRAECOR
(articles satiriques)

satire de la société


Une ribambelle de petits articles désopilants, croquant à belles dents les travers de nos contemporains.

Ces articles tirent leur force de l'esprit mordant de leur auteur, qui sait voir avec acuité et mettre violemment en lumière les contradictions et les absurdités ridicules de nos habitudes.

Ces articles tirent également leur force de la banalité des situations et des discours de la vie quotidienne : travail, sport, journaux, sentiments, émancipation des femmes, économie, sexualité, création, art, jeu, argent, code de la route, pays en voie de développement...

Une belle occasion de se remettre en question en s'amusant!




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